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Le théâtre qui a un grain… de beauté.

Quand Dorothée Burillon, secrétaire générale du Théâtre de l’Athénée, est venue me voir en 2oo5, elle m’a montré une carte postale Agrafmobile du Théâtre des questions avec son mur typographique sur la place de la Mairie de Chaumont en me disant «j’aime bien votre travail de lettrage». Cela faisait des années que je cherchais un théâtre prêt à accueillir la lettre, le mot, la typographie comme moyen privilégié d’expression. Cela correspondait à la démarche de Patrice Martinet, directeur du théâtre, de mettre les auteurs au centre de sa programmation. Je proposais alors que l’Athénée travaille avec le texte, matière première du spectacle, pour donner à lire dans l’espace public. La typographie, avec ses jeux de contrastes, de propositions, pourrait quasiment faire entendre le texte, mettre en scène les mots dans les couloirs de métro.

Aujourd’hui, Isabelle Stibbe, secrétaire général du théâtre, partage avec nous ce langage, cette insolence élégante, qui fait parler l’Athénée à son public.

La communication de l’Athénée est aussi un retour de l’expérimentation Agrafmobile dans le cadre d’une commande. C’est cette stratégie de «basse tension»* expérimentée dans les quartiers ou sur le boulevard de Magenta, qui retrouve son application dans le travail de construction d’une identité visuelle d’un lieu culturel.

Le silence lumineux du blanc fait entendre les lettres en noir. Les points en fuchsia fluorescent mettent en exergue la force du noir. Comme le dit la première affiche de la saison 2oo5/o6 : «l’Athénée le théâtre qui a un grain… de beauté.»

* «La société du spectacle produit une course effrénée menant à une surenchère de signes. Je n’ai ni les moyens de crier plus fort, ni envie de rajouter du bruit au bruit. C’est donc dans l’utilisation de dispositifs minimaux tels le mot, le noir, le blanc, une typographie sobre, dépouillée que je tiens les ingrédients de ma stratégie de basse tension.»
Prendre la parole, Malte Martin, Sorbonne, juin 2oo7.